De la mer à nos plats, le chemin du poisson

Le poisson, au departA 2h du matin ce jeudi (6août), nous sommes prêts à nous rendre au port de pêche. Il fait particulièrement froid et je regrette de ne pas avoir mis un collant avec mon jean. Qu’à cela ne tienne. Avec trois de mes collègues, nous prenons un taxi pour aller voir les pêcheurs, les mareyeurs et les poissonniers. Je ne me doutais pas encore que ce matin j’en apprendrais plus sur le poisson que je n’en avais jamais su jusque là.
Lydie Betyna (RDCongo)

Dès l’entrée du port, nous sommes accueillis par l’odeur de poisson

Sur les quais, des chalutiers sont amarrés, les pêcheurs déchargent leurs produits. En majorité,Les poissons passent en caisse des tonnes de langoustine. Un peu comme des crevettes, mais plus grosses et (on dirait) plus roses. Elles constituent 30% de la pêche cotière ici à Lorient.

Angèle Bergelin est la directrice de la criée depuis trois semaines. Elle nous accueille en disant : « la criée, c’est l’endroit du port où on offre un service aux producteurs et acheteurs. » Elle nous conduit dans le module de stockage des produits de pêche. Depuis le maquereau, jusqu’à la dorade royale, en passant par le rouget Barbet, le Saint-pierre, la vieille, la plie, le merluchon, le concre, le chinchard, et j’en passe.

Une heure plus tard, commence la vente à la criée

Près d’une centaine de mareyeurs et poissonniers sont au rendez-vous. Une minorité de femmes. Les produits, placés dans des caisses traversent la salle de vente drainés par le convoyeur, une sorte de tapis roulant. Les acheteurs, bipeur en main, lancent les enchères. On commence par le prix le plus haut et on descend. Et c’est le premier acheteur qui emporte le lot.

Au premier rang, une dame en ciré rouge, pas très grande, la soixantaine, concentrée sur la vente, Jocelyne. Elle est « poissonnier », comme elle dit.

Jocelyne, Ste Anne d'Auray

Jocelyne, Ste Anne d'Auray

C’est à dire commerçante, elle vend du poisson. Les prix sont trop hauts en ce moment, selon elle, alors que la qualité laisse à désirer. « Je préfère les poissons péchés au casier à ceux péchés au filet. Les langoustines péchées au casier sont beaucoup plus grosses et restent vivantes. Celles péchées au filet sont plus petites et pleines de sable parce qu’elles ont été trainées au fond de la mer. » Alors que la vente se poursuit, elle me montre une caisse de Langoustine : « Celles là ont été pechées au casier, tout le monde les veut ! » dit-elle en actionnant son bipeur. Personnellement, je ne vois aucune différence. C’est vrai, je ne suis « poissonnier » que depuis ce matin.
Vous les avez eu ? je demande.
Oui, repond-t-elle, satisfaite, à 18 euros le kilo, c’est une affaire !

Pas de raies s’il vous plaît !

La raie« C’est trop de travail pour les décortiquer, » dit Jocelyne. Ni des turbots. « On ne peut vendre que la queue. La tête est perdue. » Quant aux araignées, « ce n’est pas le meilleur moment, elles sont entrain de changer de coque ! » Vers 6 h, la vente est presque finie. Avec son mari André, Jocelyne doit prendre la route pour Saint Anne d’Auray. « Dès que je suis rentrée, je dois étaler mes produits, les clients sont déjà là. Je n’aurai fini qu’à 3 h de l’après-midi. Et demain, je serai encore ici à la Criée !« 

La prochaine fois que je mangerai une délicieuse sole, je me souviendrai du chemin parcouru par le poisson pour atterrir dans mon assiette.

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1 commentaire

Classé dans Mer, Port de pêche de Lorient, Sur le Fil

Une réponse à “De la mer à nos plats, le chemin du poisson

  1. Salut.

    J’ai lu avec beaucoup d’interet cet article. Je voudrai t’encourager, ma chere Lydie. C’est tres bien. Vas de l’avant. Fais-nous decouvrir des autres experiences de la vie. Là, c’etait le chemin parcouru par le poisson avant d’atterrir dans ton assiette. Demain, ca sera surement le bonheur de te retrouver à l’Assemblee nationale francaise, à Paris, aux cotés des honorables deputés de l’Hexagone ! Et de leur poser des questions !!! Par ici je termine. Par cette phrase: « Allez les Bleus ! Allez les Bleus ! Allez la Leopard ! »
    Je t’embrasse depuis Kin la Belle, au centre de l’Afrique.
    Dieu te benisse.
    Papa Pellet

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